Wednesday, August 30, 2006

E. KANT, Critique de la Raison Pure. (extrait de la Seconde Préface, 1787).

Expliquer les textes suivants :
Quand Galilée fit rouler ses sphères sur un plan incliné avec un degré d‘accélération dû à la pesanteur déterminée selon sa volonté, quand Torricelli fit supporter à l‘air un poids qu‘il savait lui-même d‘avance être égal à celui d‘une colonne d‘eau à lui connue, ou quand, plus tard, Stahl* transforma les métaux en chaux et la chaux en métal, en leur ôtant ou en lui restituant quelque chose, ce fut une révélation lumineuse pour tous les physiciens. Ils comprirent que la raison ne voit que ce qu’elle produit elle-même d’après ses propres plans et qu’elle doit prendre les devants avec les principes qui déterminent ses jugements, suivant des lois immuables, qu’elle doit obliger la nature à répondre à ses questions et ne pas se laisser conduire, pour ainsi dire, en laisse par elle ; car autrement, faites au hasard et sans aucun plan tracé d’avance, nos observations ne se rattacheraient point à une loi nécessaire, chose que la raison demande et dont elle a besoin. Il faut donc que la raison se présente à la nature tenant, d’une main, ses principes qui seuls peuvent donner aux phénomènes concordant entre eux l’autorité de lois, et de l’autre, l’expérimentation qu’elle a imaginée d’après ses principes, pour être instruite par elle, il est vrai, mais non pas comme un écolier qui se laisse dire tout ce qu’il plait au maître, mais, au contraire, comme un juge en fonction qui force les témoins à répondre aux question qu’il leur pose.
E. KANT, Critique de la raison pure (1787), P.U.F., p. 17.

* Chimiste allemand (1660-1734), qui expliqua le phénomène de la combustion par l‘évaporation d‘une sorte de fluide, alors nommé « phlogistique ».

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

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